Headcharger - Interview

Dummy

6 ans d'existence et bientôt 4 albums au compteur pour Headcharger. Un an après la sortie de The End Starts Here, les Caennais reviennent le 30 janvier avec Slow Motion Disease, nouvel album à paraître chez XIII Bis Records / Warner Distribution. Overbooke les a interrogés pour en savoir un peu plus sur cette nouvelle production. Le Rock lourd est votre tasse de bière ? Cette interview est pour vous.


Overbooke - Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, comment définiriez-vous Headcharger ?

Seb - HEADCHARGER c'est un groupe de Caen en Normandie qui a déjà 3 albums à son actif et bientôt 4. Nous faisons une musique que certains appellent du Metal n' Roll. Nous sommes avant tout un groupe de Rock au sens large du terme et aimons donc par dessus tout le live. Nous tournons un peu partout en Europe et en particulier aux Royaume Uni ce qui n'est pas forcément chose courante pour des frenchies.


OVB - Slow Motion Disease sort le 30 janvier prochain, comment avez-vous préparé ce nouvel album ?

Antony - Dans la douleur ! En fait contrairement aux albums précédents, nous avons manqué de l’élément principal, le temps. C’était une nouvelle donnée pour nous, faire un album vite et bien, alors que le mot d’ordre de The end starts here, l’album précédent, c’était plutôt "faisons-le à notre rythme, et il sortira quand on l’estimera fini". 
On a beaucoup tourné depuis la sortie du précédent disque, du coup on a été pris par le temps pour la composition. On a eu pas mal de changement de batteur aussi, ce qui n’a pas aidé. On s’est même retrouvé à bosser les titres les jours de concerts, l’après-midi dans les loges, ou même dans le camion sur la route, pour l’écriture des textes par exemple ! En même temps, je pense que cette manière de faire nous à foutu un coup de pied au cul, et c’est pas plus mal. On a cassé notre routine des albums précédents, ça nous a obligés à être plus spontanés. Au final le résultat est, j’ai l’impression, plutôt réussi, et les gens qui aimaient les albums d’avant aimeront celui-là.

Rom - La majeure partie, ou le gros des compos ont été faites sur ordinateur, on a assemblé la plupart des morceaux comme ça. Ca nous a permis de vite créer des titres, et de pouvoir, le cas échéant, revenir dessus, et les modifier à notre guise… On aurait aimé avoir un peu plus de temps pour les jouer en répétition, et se les approprier encore plus, mais c’est vrai qu’avec les changements de batteur, ca n’a pas été très facile ! Mais bon, cette urgence nous a aussi fait du bien, dans le sens où on n’a pas dû tourner autour du pot sur telle ou telle partie de guitare, de basse ou de batterie… C’est du bon gros direct ! Du rock quoi !!!


OVB - La perspective de la scène entre-t-elle en compte à ce stade ?

Antony - Oui c’est sûr. Notre musique est une musique de live. On ne peut pas dire qu’on réfléchit pour le live, c’est, je dirais, plutôt instinctif chez nous. Il nous arrive de nous barrer dans des délires un peu progressif, mais en général, au bout de 2 , 3 répétitions, on fini toujours par tailler dans le gras, parce que, consciemment ou pas, on va plutôt chercher a taper dans l’efficacité.

Seb - Bien sûr, comme je te le disais, le live et une chose très importante pour Headcharger. Nous pensons donc forcément à la force que pourrait avoir les différents arrangements en live. Nous faisons de la musique d'abord pour qu'elle nous plaise mais aussi pour que les gens qui nous suivent depuis maintenant 6 ans gardent leurs repères.


OVB - Dans quelles conditions Slow Motion Disease a-t-il été réalisé ?

Antony - C’est moi qui l’ai enregistré comme celui d’avant. J’ai un studio qui s’appelle Le Studio de la Souleuvre, c’est à Caen en Normandie. Cette fois-ci nous avons fait appel à Guyom Pavesi pour me seconder pour ce travail. J’avais déjà travaillé en studio avec lui, notamment sur le futur album de Checkmate, ainsi que sur le 1er EP de Locomotive Sound Corporation. Il a fait partie aussi de notre staff pour l’aventure de la tournée anglaise qu’on a faite en mars denier. Tout ça faisait qu’on savait donc qu’il pouvait nous apporter un truc cool, au niveau des voix notamment, et qu’il avait une manière d’appréhender les choses très complémentaire de la mienne. C’est un bon chanteur aussi (il chante dans Devianz), on l’a donc mis aussi a contribution a ce niveau-là ! Pour le reste, le mixage a été assuré par Guillaume Doussaud au Swan Sound Studio et le mastering par Alan Douches à New York, au West West Side Studio, comme les albums précédents.

Seb - Le processus d'enregistrement a été assez long (presque 2 mois). C'est le prix à payer quand tu entres en studio aussi vite après la fin de la tournée. Notre degré d'exigence a lui aussi franchi un cap. Quand tu es en studio il y a forcément un mélange de sentiments. Tu passes de la joie à la déception, du fou rire au coup de gueule. Bref c'est aussi ça enregistrer un album. Chacune de ces expériences te marquent forcément sur un plan personnel et pas uniquement en temps que musicien.


OVB - Avez-vous eu l’occasion de tester ces nouveaux titres sur scène ?

Antony - Non, pas du tout. Comme je t’expliquais précédemment le facteur temps a fait que nous avons amené à maturité les morceaux seulement à l’étape du studio. De toute façon, de manière générale on sait qu’on change beaucoup de trucs en studio, du coup on ne l’avait pas fait non plus pour les albums précédents. On va en studio, et après on teste les titres sur scène. La plupart des groupes font comme ça d’ailleurs !


OVB - Vous allez certainement partir en tournée pour défendre Slow Motion Disease sur scène, des dates sont-elles déjà prévues ? Eventuellement à l’étranger ?

Antony - La tournée est en train de se booker. On va commencer les dates mi-janvier, à l’approche de la sortie du disque, prévue le 30 Janvier. Pour le moment, on ne peut pas trop divulguer les dates tant qu’elles ne sont pas « officiellement » annoncées. On va bien sûr retourner à l’étranger comme sur la précédente tournée, Suisse, Belgique et Angleterre dans un premier temps, et pourquoi pas un peu plus loin…

Seb - C'est exactement ça, laissons les choses avancer. Nous faisons confiance aux agents qui travaillent pour nous.


OVB - Rencontrez-vous des difficultés pour vous faire programmer ?

Antony - Tout est relatif. Le milieu des concerts, et du rock en particulier, est en crise. C’est de plus en plus dur pour tout le monde de tourner. La faute à qui ? Pourquoi ? Comment ? Beaucoup de questions pour pas beaucoup de réponses… tout le monde a sa théorie sur le sujet, moi j’ai l’impression que l’art qu’est la musique va définitivement céder sa place au commerce, et que cette mutation, qui a commencé avec le mp3, est en train de s’opérer progressivement. Je ne dis pas "c’est pourri, c’était mieux avant", je dis juste que les choses sont en train de changer et que le rapport du grand public à la
musique sera différent dans 10 ans qu’il y a 10 ans…pas pire, mais différent. Les gens qui font de la musique sincèrement avec une vraie démarche artistique ne seront pas dégagés du système, mais peut être seront-ils plus underground que jamais !

Rom - Perso, je trouve que l’on s’en sort pas trop mal… On arrive quand même à faire beaucoup de concerts (Quasi 80 pour la tournée The end starts here), malgré le nombre de groupes français ou étrangers qui tournent en France. Malheureusement, il n’y a pas de la place pour tout le monde, donc, dans certains coins de la France, il nous est difficile de venir jouer ! Mais c’est pareil pour tous les autres groupes. On a aussi la chance d’avoir été suivis et poussés par de très bons tourneurs… Ca aide beaucoup !


OVB - Si vous deviez définir un concert d’Headcharger en 3 mots ?

Antony - Blood sweat & tears ! Blood, parce que je me suis cassé le nez à notre dernier concert français de l’année (Festival de Briouze avec Gojira), Sweat parce qu’on met un point d’honneur à ne pas monter sur scène pour se tourner les pouces, et tears, parce que la sueur dans les yeux, ça pique. Et puis j’écoute Blood Sweat and Tears actuellement, ceci explique certainement cela !

Seb - Rockin', sweatin' n' dancing …..All night long !

Rom - Poésie, littérature et… plein de bières !


OVB - Comment voyez la scène française de ces dernières années ?

Seb - En ce qui concerne la scène Rock/Metal, musicalement, elle est incontestablement bien meilleure qu'il y a 15 ans mais paradoxalement elle est vachement moins médiatisée. Ayant déjà tourné pas mal à l'étranger je peux te dire que nous avons encore beaucoup de travail pour qu'elle soit reconnue. Je pense aussi que c'est une culture.

Rom - il y a vraiment un max de bons groupes (beaucoup trop pour en citer, j’en oublierai des tonnes !), que ce soit en Rock, en Metal, en Hardcore… les musiques amplifiées en général ! Malheureusement, trop peu de structures intéressantes pour les soutenir, ils restent donc trop souvent dans la culture indépendante, alors, qu’ils mériteraient une bien meilleure exposition ! Mon constat : C’est le Rock en France.


OVB - Quelles sont pour vous les 3 sorties musicales majeures de l’année 2011 ?

Seb - THE SWORD "Warp Riders", MASTODON "The Hunter" et Cave In "White Silence".

Rom - Ouhla, trop de choses… et j’achète (toujours) pas mal de disques récents, et ils sont en général tous important pour moi (sinon, je les achète pas !), en vrac : Maylene and the sons of disaster, The Spudmonsters, Thurston Moore, Emilda May… plein j’te dis !!!

OVB - Le mot de la fin ?

Seb - Merci à vous pour le soutien. Slow Motion Disease (XIII Bis rec' /Warner) sortira le 30 janvier 2012 en France et nous reprendrons la route dès mi-janvier.


OVB - Merci à vous !









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